141. Logements collectifs à Bethléem

enseignants : Yves Roujon, Luc Vilan
étudiant : Jonathan Lephay
// Master

La construction depuis le XXe siècle en Palestine semble se poser en rupture avec l’architecture traditionnelle. Le principal vecteur de ce changement est l’abandon de la pierre au profit du béton. Ce mode constructif se résume par l’importation d’un système poteaux — dalles, puis un remplissage des étages à l’aide de parpaings. Les escaliers sont aujourd’hui pensés, puis construits à un emplacement précis du plan. Les formes des immeubles sont désormais similaires. La richesse de la construction traditionnelle réside en partie dans l’utilisation de la pierre. Le mur est porteur, la voûte naît du mur et permet l’étage.
Ce mode constructif accepte l’imprévu. Prenons l’escalier en exemple, il utilise les résidus d’espace, il évolue à chaque niveau de la construction de manière nouvelle. Le problème des distributions se résout au moment où il se pose. En Palestine, l’espace n’est pas public ou privé. Il existe plusieurs niveaux de différenciation. Ce projet souhaite réintégrer les qualités de l’architecture traditionnelle, dans la construction actuelle sans en perdre la substance. Bethléem est une ville qui s’étend à travers collines et vallées. Le site du projet se trouve sur le flan d’une de ces collines, face à la vieille ville. La parcelle se situe entre une route et un couvent un peu plus en amont. De part et d’autre de celle-ci, des immeubles de logements s’alignent sur cette route qui serpente à travers une topographie complexe.
Le couvent des Carmélites se partitionne par de longs murs de soutènement qui reprennent les courbes topographiques du site. Une étrange forêt de murs en pierre se dessine parallèlement les uns aux autres. Perpendiculairement à ceux-ci, les constructions s’orientent vers la vallée. Ces deux constituantes du paysage urbain sont réemployées dans ce projet. Quatre immeubles de logements s’adossent au mur des Carmélites. Des cours alternent avec les logements. Ces espaces extérieurs mettent en valeur « cadrent » le mur du couvent dans un sens et la vallée dans l’autre. Les façades sur rues, parallèles aux murs, sont construites en pierre, dans un désir de continuité. Le vocabulaire des baies se diversifie, voûtes traditionnelles en pierre et linteaux en béton. Les grilles en fer forgé sont ici réemployées. La pierre et le béton cohabitent. Des coursives ombragées et des placettes semi-publiques se dessinent dans les étages pour réintégrer les particularités des constructions traditionnelles.

Construction in Palestine has moved away from traditional architecture since the 20th century. The main reason for this change is the use of concrete to replace stone.
Summarily, this new construction method is a column-slab structure with block-work partition walls on each floor. The stairs are designed and built in a particular location on the plan. The buildings are all a similar shape.
The quality of traditional construction is ensured in large part by the use of stone: the load-bearing walls become arches that become floors. This construction method is flexible enough to allow for the unexpected. The stairs for example are located in residual space, evolving in a new way on every level of the building. The issue of circulation is resolved as it arises.
In Palestine, spaces are neither fully public nor private. This project aims to reintegrate the quality of traditional architecture into current construction without losing its substance.
Bethlehem is a city that stretches across hills and valleys. The project site is located on a hillside facing the old city. There is a road to one side of the plot and a convent above it. Housing lines the road that winds through the complex terrain. The Carmelite convent is partitioned by long retaining walls that follow the topography of the site.
A series of parallel stone walls follow the slope. The constructions are perpendicular to these walls, facing the valley. These two constituents of the urban landscape are reused in this project.
Four residential buildings back onto the Carmelites wall. We alternate dwellings and courtyards, these outdoor spaces “framing” the convent wall to one side and the valley to the other. The street facades, parallel to the walls, are of stone to ensure continuity. The vocabulary of the bay windows varies from traditional stone arches to concrete lintels. Steel fences are reused. Stone and concrete coexist. The characteristics of traditional construction are reintegrated on every floor through shaded walkways and semi-public squares.

 

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