213. Ville sans espoir

enseignants : Ido Avissar, Susanne Stacher
étudiants : Pierre Saint-Martin, Benoist Desfonds
// Master

La ville porteuse autrefois d’utopie s’est révélée aujourd’hui destructrice dans sa matérialisation concrète. Elle repose sans cesse la question de sa nécessité et volonté d’être. Toute ville est supposée être fondée sur des espoirs primaires, en adéquation avec les besoins de l’individu, d’une communauté, ou encore de la nature. En quoi une ville dénuée d’espoir serait à même de produire des qualités inhérentes à tout système urbain ? C’est à partir de premières données géologiques catastrophiques (la montée des eaux et l’enfoncement de la ville sur elle-même) et d’une lecture de l’environnement urbain de Bangkok que s’est dégagée une attitude propre au sans espoir : l’indifférence. La ville sans espoir se fonde sur un détachement total de toute vision anthropomorphique. L’aléatoire et le spontané remplacent ainsi les ordres architecturaux et urbanistiques admis. Dès lors, la création d’un jeu avec un corpus de données qualificatives de la ville permet de se détacher de toute inclination personnelle. Relégué au hasard, le jeu provoque ainsi des situations urbaines inédites, que ce soit dans la superposition de programmes incohérents, ou dans la capacité résiliente des éléments urbains à travers des événements catastrophiques. L’architecte du sans espoir interprète, traduit, et ajuste les données tirées afin de rendre crédible la production d’une ville dénuée de toute vision.

Cities, for all their promise, are in fact destructive once they are built. Their necessity and reason for being is constantly questioned. They should be founded on basic hope, to respond to the needs of the individual, of a community, of nature. How can a city without hope produce the qualities inherent to any urban system? The lack of hope resulting from catastrophic geological events (flooding and the city collapsing onto itself) and Bangkok’s urban environment, have created indifference. The city without hope is based on total detachment from anthropomorphic vision. The random and the spontaneous replace structured architecture and town planning. A game is created with a corpus of city data that takes away any personal inclination. The game randomly provokes new urban situations, whether by mixing inconsistent programmes or by the resilience of urban elements to catastrophic events. The architect of “without hope” interprets, translates, and adds data in order to make a city without vision become a reality.

 

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