074. Le tissage Dogon

étudiante : Alix Dufour
enseignant : Leo Legendre
// Deuxième année

Les Dogons sont un peuple du Mali, en Afrique de l’Ouest. Ils sont cultivateurs de mil, tisserands et forgerons. Le Pays Dogon s’étend de la falaise de Bandiagara au sud-ouest de la boucle du Niger.

Les Dogons croient en un dieu unique, Amma qui a créé la Terre. Cette terre est un corps de femme. Amma, qui est seul, souhaite s’unir à la Terre, mais celle-ci refuse et dresse un barrage devant son sexe afin de montrer au Dieu sa masculinité, montrer qu’elle est l’égale de l’homme. Mais Amma est tout puissant, il s’unit à la terre excisée. De cette union interdite naît un chacal, un être unique, au lieu des jumeaux prévus.
Plus tard, Amma s’unit à nouveau avec sa femme et, cette fois ci, ce sont des jumeaux qui naissent. L’excision de la terre a fait disparaître le premier désordre. Cet être double est fait d’eau : c’est le Nommo qui porte le chiffre 8, symbole de la parole.
En voyant sa mère la Terre, nue et sans parole en raison du premier incident, le Nommo descend du haut du ciel avec des fibres emmêlées comportant la première parole. Le chacal, fils déçu, veut la posséder et commet l’inceste avec sa mère et s’empare de la parole, mais les fibres deviennent rouges, signe de la terre devenue impure. Le Nommo doit alors créer la deuxième parole, incluse dans le tissage.

Pour éviter de reproduire l’épisode de l’inceste du chacal, le Nommo donne, à la naissance, deux âmes au nouveau-né. Il peint sur le sol l’âme féminine puis l’âme masculine. Le nouveau-né doit toucher le sol avec ses mains et ses pieds en même temps pour prendre possession des deux âmes. L’une des deux va prendre le dessus et s’exprimer pleinement lors de l’excision ou de la circoncision. Ainsi il ne risquera pas de devenir comme le chacal et de voler la parole aux autres de sa tribu.

Dans la langue Dogon, les mots « cultiver » et « tisser » signifient la même chose : il s’agit à chaque fois d’une parole.

Le métier à tisser est construit à l’image de l’Univers : la poulie au centre, face au tisserand, représente 2 jumeaux, mâle et femelle, comme le Nommo, l’esprit ancestral, est au centre de la société. Les pieds font chanter l’axe de la poulie. C’est la parole primordiale, fixée dans le tissu par le va-et-vient de la navette.

La terre est cultivée selon un découpage en damier, le même que celui qui se trouve sur la couverture du mort, tissée par le tisserand. Le mouvement de va-et-vient du paysan sur sa parcelle fait pénétrer la parole des ancêtres, l’humidité.

 
The Dogon are a population from Mali in West Africa. They are millet farmers. weavers, and blacksmiths. The Dogon Country extends from Bandiagara cliff, South-East of the Niger River.

The Dogon believe in a single god, Amma. He created the Earth as a woman’s body. Amma is alone and wishes to unite with Earth, but she refuses and hides herself behind a shield to show the God her masculinity, to show that she is equal to men. But Amma is all-powerful and so unites with the excised Earth. A jackal is born from this forbidden union: an individual being instead of the expected twins.
Amma unites with his woman once again and this time twins are born – the excision of the Earth made the first mess disappear. This double being made of water is the Nommo who carries the number 8, meaning speech.
Seeing his mother the Earth naked and speechless from the first incident, the Nommo comes down from the sky with intertwined fibres that contain the first words. The jackal, the disappointed son, wants to own it and commits incest with his mother to get the fibres; but these become red, a sign that the Earth has become impure. The Nommo then creates the second words, also contained in the woven fibres.

To avoid the same thing happening again, the Nommo gives newborns two souls. He paints the female soul then the male soul on the ground. The newborn must touch the ground with his hands and his feet at the same time to take possession of these two souls. One of the two will take the upper hand, becoming obvious during excision or circumcision. Thus he will not become like the jackal and steal speech from his tribe.

In the Dogon language, the words “farm” and “weave” mean the same thing: they both refer to words.

The loom is built to reflect the universe: the pulley in the centre facing the weaver represents the two twins, male and female, as the ancestral spirit Nommo is at the heart of society. The feet activate the pulley’s axis, making it sing. This represents speech, woven into the fabric by the shuttle’s to and fro.
The earth is farmed in square plots that resemble the patterns woven onto covers for the dead. The ancestors’ words – humidity – sink further into the field with the famer’s every movement.

 

ALIX_DOGON