065. Le Rayonnage

étudiant : Vincent Chevalier
enseignants : Gilles Paté, Claire Chevrier
// Troisième année

Le projet « Produit illimité » s’est développé à travers deux œuvres. La première est un trompe-l’œil à échelle 1/1 d’un rayonnage de supermarché. Dans ce type de lieu, l’architecture de pierre, de masse, vient à disparaître pour laisser place à une architecture de l’artefact. Les murs sont faits de l’accumulation des produits à vendre. La problématique du décor est ici à prendre au premier degré.
Les rayonnages des supermarchés évoluent rarement ; lorsqu’un article est acheté, il est immédiatement remplacé par celui qui le succède et ce lieu se transforme ainsi en décor devant lequel les usagers jouent leur rôle de consommateurs. Contrairement à un trompe-l’œil qui pourrait ouvrir sur de nouvelles perspectives, celui-ci bloque le regard, lui-même happé par la profusion des couleurs et des marques.
Dans la seconde œuvre, l’idée a été de se détacher de l’aspect promotionnel de l’objet pour n’en garder que son essence, sa forme. Quatre vidéos projetées en décalage recomposent un rayon complet de bouteilles sans marque, sans couleur. Des mains viennent, au ralenti, prendre au fur et à mesure les bouteilles, vidant le rayon mais celui-ci, une fois vide, se remplit à nouveau.
A l’image d’une histoire cyclique, l’aspect des bouteilles et le ralenti apportant un effet fantomatique. Le film d’Alain Resnais, l’année dernière à Marienbad est une des références de l’œuvre. L’installation, telle un tonneau des danaïdes, ne cesse de se vider pour se remplir.

 

“Unlimited Product” is developed through two works. The first is a 1:1 scale trompe-l’oeil of supermarket shelving. In this type of space, stone, mass architecture disappears to make way for architectural artefact. Walls are an accumulation of products for sale. The question of decor is to be taken literally.
Supermarket shelving rarely changes; when an item is purchased, it is immediately replaced by another, and the place is transformed into a stage where users play the role of consumer. Unlike a trompe-l’oeil which could offer new views, it blocks the perspective of the eye which is drawn to the profusion of colours and brands.
In the second work, the idea was to break away from the promotional aspect of the object, keeping only its essence, its form. Four short films projected at different speeds form a shelf of bottles with neither brand nor colour. Hands pick out bottles in slow motion, emptying the shelf which simply keeps filling up again.
Echoing a cycle, the aspect of the bottles and the slow motion action give it a ghost-like quality. One of the references for this work was the film Last Year at Marienbad by Alain Resnais. The installation, like a bottomless pit, keeps emptying out just to be refilled again.

 

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