058. Oracular Vernacular

étudiant : Alex Arnou
enseignante : Elke Mittmann
// Troisième année

« Ce que l’on dit de moderne, c’est peut être ce qui ne saurait demeurer. » Cette sentence de Dante nous questionne. A quoi bon innover dès lors qu’on se rend compte que des architectures ont perduré pendant des siècles, éternellement valables ? Ces architectures spontanées remplissaient parfaitement leurs fonctions en comblant les besoins de l’homme dans les conditions les plus extrêmes. […] A partir de la révolution industrielle, l’introduction de moyens et de besoins nouveaux a contribué à leur disparition, ou pire encore, à l’apparition d’aberrations comme des gratte-ciel en béton armé au beau milieu du désert. Libérée de toute contrainte, l’architecture est entrée dans le domaine de la mode et au XXème siècle émergeront toutes formes de styles architecturaux.
Aujourd’hui, un retour aux valeurs de l’architecture vernaculaire se fait sentir, et constitue une voie face aux bouleversements écologiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés, sans pour autant former un mouvement clairement identifiable. Pour répondre aux mêmes problématiques, un autre raisonnement consiste à profiter de cette absence de contrainte afin de trouver des solutions nouvelles. Mais cité par Rudofsky, Heizinger nous prévient : « S’imaginer que toute découverte ou perfectionnement contient la promesse de valeurs plus hautes ou d’un bonheur plus grand relève d’une naïveté extrême… Il n’est nullement paradoxal d’imaginer qu’une civilisation pourrait bien finir par succomber au progrès matériel. »

 

« What we call modern, may be that which does not remain. » Dante’s question is intriguing. What good is innovation when some forms of architecture have lasted centuries, and are still valid? This spontaneous architecture fulfilled its duties perfectly by addressing human needs in the most ex-treme conditions. […] The industrial revolution introduced new needs and means that contributed to its demise, or worse still, participated in aberrations such as concrete skyscrapers in the middle of the desert. Architecture, freed of constraint, entered the field of fashion in the twentieth century, resulting in the creation of all kinds of architectural styles.
Today we sense a return to the values of vernacular architecture, in response to the current ecologi-cal and social changes we face, without being a clearly identifiable movement. Nowadays the rea-soning is to take advantage of this lack of constraint to find new solutions to age-old problems. But through Rudofsky, Heïzinger warns us: « To think that any discovery or development brings the promise of higher values or greater happiness is to be extremely naive … It is in no way paradoxical to imagine that a civilization could end up succumbing to material progress. »

 

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