036. Chutes, Installations in situ

enseignants : Cristina Rossi, Richard Sabatier
étudiants : Lucie Palombi, Delphine Leduc, Aubin Gandillot
// deuxième année

Au croisement de la rue Mazière et du Vieux Versailles se côtoient un cordonnier, un tapissier, un doreur, un ébéniste et un maître-verrier. Nous sommes allés voir ces artisans et avons discuté avec chacun d’entre eux. Ils ont pris le temps et le soin d’expliquer le processus de fabrication ou de rénovation des objets sur lesquels ils agissent. Nous avons observé les matériaux utilisés, les outils, les gestes, les mouvements qui produisent des chutes. Les chutes, ces rebuts, ces résidus, ces pertes indispensables s’avèrent être le résultat informe et nécessaire à la genèse d’une forme : elles en sont finalement le négatif fragmenté. Nous avons alors recueilli une multitude d’échantillons de natures différentes. Chaque chute est unique et n’est pas produite pour elle-même. On en trouve pourtant en grande quantité. Les chutes constituent des traces dont l’artisan se débarrasse quotidiennement. Parmi ces échantillons, la chute de verre nous plaît tout particulièrement pour le son qu’elle émet, ses couleurs et reflets. Nous en avons récupéré plusieurs cartons auprès du maître-verrier et nous nous sommes installés devant sa boutique pour intervenir, disposant ces chutes toutes prêtes suivant un modèle rectangulaire bien défini. Notre sculpture résulte en outre d’un mariage étrange entre le ready made de Marcel Duchamp et le minimalisme de Carl Andre, lui empruntant notamment son anthropomorphisme, son caractère sériel et sa platitude. Si le romantisme du geste de l’artisan attelé à sa confrontation avec la matière n’est pas clairement visible, ce mouvement indispensable à la création des chutes existe implicitement. Le spectateur est invité à percevoir activement l’œuvre qui partage le même espace que lui, à réfléchir sur l’origine de son nouveau regard et à le charger de sens.

 

Between Rue de Mazière and Rue du Vieux Versailles there are a cobbler, an upholsterer,a gilder, a carpenter, and a glassblower. We went to visit and chat with each of these craftsmen. They took the time to carefully explain the process of making or renovating the objects that they work with. We observed the materials used, the tools, the motions, the movements that result in leftover scraps. These scraps, this rubbish, these leftovers, this unusable loss, are the necessary result of a shape’s creation; they are like a fragmented negative. We gathered many examples of different nature. Each is unique and not created for itself. They are plentiful however, traces that the workmen get rid of daily. From amongst these samples we picked out a glass scrap that we particularly liked for its colour, reflections, and the sound it made. We picked up several boxes from the glassblower and laid them out in a rectangular shape in front of his shop. Our sculpture is a strange mix between Marcel Duchamp’s ready-made and the minimalism of Carl Andre, from which it takes its anthropomorphism, its serial character and its platitude. Though the link between the craftsman’s gesture and his intervention with the material is not clearly visible, this essential motion implicitly exists. The spectator is invited to study this work, to think of how his perception has changed and why.

 

36_bis_-_Strates_de_verre

Chutes_variées

Ebeniste

Effondrement

Empilement

Expérimentations

Fragments_verre

Fragments_verre_2

Plomb_vitraux

Reflets

Sculpture_mobile

Sculpture_mobile_-_ensemble

Sculpture_mobile_-_zoom

Verre_1

Verre_2

Verre_3

Vitrail

Vitrail_-_zoom