034. Les chapardeurs

enseignants : Cristina Rossi, Richard Sabatier
étudiante : Joséphine Delignies
// Troisième année

Chap’ (Chaparder) + Art + d’Eure = Récuperer des objets pour en faire de l’art, dans la région de l’Eure.
Cette enquête amène à s’interroger sur l’installation d’un groupe de personnes ayant fait le choix de loger de manière atypique dans la nature. Il s’agit ici de balayer les normes pour en construire de nouvelles adaptées à l’activité et besoins de chacun. Leur objectif est de confectionner un « village culturel itinérant » afin de promouvoir l’échange culturel et artistique avec les habitants des villes alentour. « Que ce soit dans un village, sur une place, ou encore en festival, dans un champ, Les Chapardeurs surviennent de port en port et surprennent de part en part » Suite à une nouvelle visite d’un week-end au Bois Midi, le nomadisme et l’habitat léger sont les notions qui ressortaient du projet des Chapardeurs. Installée au Bois Midi à Coulombs, cette association est composée de jeunes tous différents, créateurs, artisans, techniciens, artistes… issus de milieux culturels et professionnels variés qui mutualisent leurs idées et compétences au service d’un projet. L’objectif est de développer des actions culturelles au contact de la population à travers un cadre original en proposant des structures uniques telles que des toilettes sèches, camion scènes, tente berbère, caravane accueil, scénographie d’événements, animation buvette et restauration. Les chapardeurs voyagent ainsi de villes en villes et proposent à chaque fois des événements qui mettent en scène un village ludique aux multiples facettes artistiques. Leur objectif est de bâtir une cité itinérante et éphémère où chacun serait à la fois acteur et spectateur d’un mélange culturel fait de structures atypiques et modulables. Ils cherchent ainsi à briser les frontières entre l’amateur et le professionnel. […] Au délà de la scène et représentations, il s’agit aussi d’une communauté qui vit quotidiennement sur le site du Bois Midi. A l’origine, il s’agit d’un groupe d’amis qui vivait en colocation dans la ville de Paris. Peu à peu, leur colocation s’est agrandie, si bien que certains d’entre eux se sont mis à dormir dans leur camion en bas de la rue. De là, ils ont eu l’idée de chercher un terrain où ils pourraient à la fois concilier leur travail avec un mode de vie communautaire, écologique, économique et mobile qui serait capable d’accueillir le plus de monde possible. […] Le chalet semble être le point névralgique de la vie commune sur le terrain. C’est ici que les habitants se retrouve pour les repas ou autres moments de la vie collective. Cette installation a été mise en place par l’ancien propriétaire et comporte cuisine, sanitaire, toilettes sèches, salle à manger et terrasse. On pourrait dire qu’il s’agit de l’unique pièce à vivre du site. Aux alentours du chalet gravitent plusieurs installations, toujours à partir de matériaux et d’objet récupérés. Celles-ci cherchent à répondre aux besoins complémentaires de la vie sur le terrain et révèlent ainsi une volonté d’indépendance et de cohabitation avec l’environnement du bois midi. Finalement, les Chapardeurs montrent qu’il est possible de vivre autrement et de manière économique. En détournant le code de l’urbanisme, il devient possible de construire des habitations légères sur des terrains non constructibles. La récupération d’objets est un moyen simple de confection d’habitat modulable. On s’interroge alors sur la place de l’homme au sein de l’environnement ainsi qu’à son rapport avec la société. Pour les Chapardeurs, le Bois Midi est un lieu où chacun est libre d’y exprimer ses passions et intérêts par appropriation et confection de leur propre espace de vie. De cette façon, confectionner soi-même son habitat et se l’approprier sous la protection d’une association comme le font les Chapardeurs pourrait être une solution d’habitat alternatif viable. Dans une époque où l’on commence à comprendre que nos apports énergétiques sont limités, la récupération d’objets s’apparente à un nouveau moyen de construction. On voit de plus en plus apparaître toutes sortes d’événements expérimentant ce sujet comme l’éco festival du Cabaret Vert dans les Ardennes ou les événements d’architecture expérimentale du Bellastock.

 

Chap’ (steal) + Art + Eure = Recycling objects for art in the Eure region.
We conducted a study on a group of people who choose to live atypically in nature. Standards are reinvented to create new business, tailored to individual needs. Their goal is to make a « roving cultural village » to promote cultural and artistic exchange with the residents of the neighbouring towns. « Whether in a village, a square, or in a festival, in a field, the Borrowers are in each place and surprise at every turn. »
After a weekend visit to the Bois Midi, it became apparent that the Borrowers project is based on the notions of nomadism and light habitat. Located in the Bois Midi woods in Coulombs, the society is made up of a variety of young designers, artisans, technicians, artists … from diverse professional and cultural backgrounds, who pool their ideas and expertise to bring a project to term. The aim is to develop cultural activities with the local population by offering unique structures such as dry toilets, stage trucks, Berber tents, caravan reception areas, events, entertainment and a choice of food and beverage options. The Borrowers travel from town to town and set up events in each, showcasing the town itself and its artistic potential. Their goal is to build a moving and transient city where everyone is both actor and spectator of a cultural mix made up of atypical and flexible structures. They thus seek to break the boundaries between amateur and professional. […] Besides the stage and performances, it is also a community that lives its daily life in the Bois Midi woods. They were originally a group of friends who rented a house together in Paris. As more housemates moved in, some of them started sleeping in their trucks parked on the street. They then decided to look for somewhere where they could balance their work with an ecological, economic, mobile community lifestyle that could accommodate a maximum amount of people. […] The cottage is the focal point of community life. This is where the locals meet for meals and other communal activities. This facility was set up by the previous owner and contains a kitchen, bathroom, dry toilets, dining room and terrace. It could be called the only living room on the site. Several facilities are set up around the cottage, made from recycled materials and objects. They meet any additional needs and show a desire for independence and coexistence with the surrounding forest. Finally, the Borrowers prove that it is possible to live in a different way and to spend much less. By bending Town Planning Codes, it becomes possible to build light houses on non-constructible land. Recycling is a simple way of creating modular housing. Our next query is the place of humans in the environment and their relationship with society. To the Borrowers, the Bois Midi is a place where everyone is free to express their passion and interests and take ownership by making their own living space. Making one’s own dwelling and adapting it under the protection of an association like the Borrowers could be a viable alternative housing solution. At a time when we are beginning to understand that our energy supply is limited, reusing and recycling is a new means of construction. Events of this kind are increasingly common, like the Cabaret Vert eco-festival in the Ardennes or the Bellastock experimental architecture event.

 

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