030. Alec Soth

enseignants : Maud Leonhardt Santini, Sophie Brones
étudiante : Caroline Hans
// Troisième année

Alec Soth est né en 1969 à Minneapolis, dans le Minnesota. Il obtient le diplôme de « Bachelor of Arts » au collège Sarah Lawrence de Bronxville, à New-York. Nominé à l’agence Magnum en 2004, il en devient membre à part entière en 2008 puis lance sa propre maison d’édition « Little Brown Mushroom », dédiée à la rencontre entre photographes, écrivains et graphistes.
Sa méthode de travail est la même pour chaque série : muni de sa chambre photographique grand format, il parcourt les régions proches de sa ville d’origine. Il s’inscrit dans la tradition américaine du « wanderlust », qui se traduirait par « vagabondage », ou « désir d’aller explorer le monde ». Ici, deux séries sont observées : Sleeping by the Mississippi (2004), où Alec Soth documente plusieurs modes de vie des individus habitant le long du Mississippi et Broken Manual (2006), où son fil conducteur a été de rencontrer des personnes vivant isolées de la société.
Le point commun de ces photographies est qu’elles montrent toutes un lieu investi par l’homme, et identifié comme un lieu d’habitation. Le rapport d’échelle entre l’habitation et les éléments qui lui sont extérieurs est à chaque fois déterminant, puisqu’il balance entre deux extrêmes : soit c’est l’espace d’habitation qui dépasse du cadrage, soit c’est l’élément extérieur qui prédomine sur l’espace habité de la photographie. Les photographies interrogent cette différence d’échelle qui détermine la place de l’homme dans son habitat et dans l’environnement extérieur.
Le second thème de ces photographies est leur rapport à l’identité et à l’anonymat. Une nette distinction s’opère entre les photographies qui identifient le sujet par son nom, et celles qui le laissent sans identité : les espaces habités ne sont pas représentés de la même façon en fonction de ces paramètres.
Certaines photographies montrent des bâtiments vus de l’extérieur, Peter’s Houseboat et la photographie du bus (sans titre). Ici, le photographe met en avant l’élément qualifié d’habitat selon 3 axes : le cadrage (le bus est à l’intersection des deux diagonales de la photographie), le contraste (la forme pointue typique de la maison est sombre, et est mise en avant par le fond clair formé par la neige dans Peter’s Houseboat) et la description de son projet. Sans le texte que présente la série Broken Manual, le spectateur ne peut pas savoir qu’il s’agit de l’habitat d’un ermite. C’est parce qu’Alec Soth explique préalablement qu’il va montrer des photographies d’ermites et de maisons d’ermites que nous identifions le bus comme un habitat.
Les photographies d’Alec Soth démontrent qu’un espace habité n’est pas limité à une pièce de maison, et que cet espace peut être central dans la photographie même lorsqu’il est de taille très inférieure à son environnement. L’espace habité est toujours extrême, soit il occupe tout le cadre de la photographie, soit il s’en efface. Ces deux analyses coïncident
avec ces deux séries : Sleeping by the Mississippi et Broken Manual.

 

Alec Soth was born in 1969 in Minneapolis, Minnesota. He received his Bachelor of Arts from Sarah Lawrence College in Bronxville, New York. Nominated by the Magnum agency in 2004, he became a full member in 2008 and launched his own publishing house « Little Brown Mushroom » to promote networking between photographers, writers and designers.
His work method is the same for each series: armed with his camera, he travels around areas near his hometown. It’s part of the American « wanderlust » tradition, which translates as « vagrancy » or « desire to explore the world. » Here we study two series: Sleeping by the Mississippi (2004), in which Alec Soth documents the lifestyles of different individuals living along the Mississippi, and Broken Manual (2006), where his intent was to meet people isolated from society.
These photographs all have in common a place inhabited by man, identified as a dwelling. There is a critical and extreme difference in scale between the dwellings and their surroundings: either the living space escapes the frame, or an external element comes to dominate the photograph’s inhabited space. These photos question the difference in scale that determines the place of humans in their habitat and in the external environment. The second theme of these photographs is their relation to identity and anonymity. There is a clear distinction between photographs that identify the subject by name and those that don’t: the inhabited areas are not represented in the same way depending on these parameters.
Some photographs show buildings seen from the outside: Peter’s Houseboat and the photograph of the bus (Untitled). Here, the photographer uses 3 methods to highlight the dwelling: framing (the bus is at the intersection of two diagonals), contrast (the typical pointed shape of the house is dark and is highlighted by the white background of snow in Peter’s Houseboat), and the description of his project. Without the text of the Broken Manual series, the viewer has no way of knowing that he is looking at a hermit’s home. We are only able to identify the bus as a home because Alec Soth previously states that these are photographs of hermits and hermit houses.
Alec Soth’s photographs show that living space is not limited to a room of a house, and that this space can be central in the photograph even when it is much smaller than its environment. The living space is always extreme, either filling the frame of the photograph or lost in it. These 2 analyses coincide with the two series: Sleeping by the Mississippi and Broken Manual.

 

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