026. La ville au cinéma

auteur : Pierre Gaudin

Acte créateur, pratique culturelle et sociale, le cinéma est aussi source et agent d’histoire. Mieux comprendre l’univers selon le cinéma, son art, ses pratiques, son usage, ses métiers en relation directe avec l’architecture et l’urbanisme, telle est l’intention des « leçons » du cinéma. La valeur documentaire des matériaux mis en œuvre par l’imaginaire et le style des cinéastes est parfois insoupçonnée. Le mot cinéma désigne à la fois un art, des processus technologiques,
une industrie, des métiers particuliers, (scénaristes, décorateurs) des pratiques et des usages sociaux, des lieux dédiés (une architecture spécifique) et des formes de représentation. Espace de la fiction par excellence, le cinéma est aussi un observatoire des réalités sociales et culturelles, témoin de son temps, des espaces et des manières de les habiter.
En arrière-plan ou sur le devant de la scène, la ville est l’écrin rêvé des écrans. La ville est éminemment cinégénique. Lumières, sons, enseignes, le temps des villes est rythmé par des signes et des indices de cinéma : façades, boutiques aux titres de films, mobilier, signalétique, escalators, caméras de surveillance, écrans de contrôle. Cafés, hôtels, boulevards, quartiers sont autant de lieux de tournage fournissant les décors « réels » de la vie quotidienne. Avec l’avènement des loisirs, au tournant du XX
la ville moderne, métropolitaine. De la ville historique à la ville virtuelle, le cinéma offre un catalogue de formes urbaines. Réelle ou imaginaire, ruine ou chantier, organique, minérale ou abstraite, la ville au cinéma a nourri l’inspiration architecturale.

La forme d’une ville au cinéma (esthétique et imaginaire urbains)
Metropolis, King Kong et leurs nombreux dérivés, de Blade Runner à Brazil, du Rebelle à La Tour infernale ou à La Jetée de Marker ont mis en scène un puissant imaginaire urbain.

Filmer les lieux et manières d’habiter
La « critique de la vie quotidienne » se joue entre société de consommation et sens de la contestation. Trois pôles orientent ce cadre d’étude : rêver, construire, habiter, critiquer à partir (entre autres) des films de Tati (Mon Oncle, Playtime) ou de Klein (Le couple témoin).

La ville, cadre du drame social (le film noir)
Le film noir trouve son origine dans le cinéma expressionniste allemand (Wiene, Murnau, Lang)
et a inspiré durablement le cinéma américain puis La Nouvelle Vague. La ville nocturne y occupe
une place essentielle.

 

Creative act, cultural and social practice, film is also a source and an agent of history. The intent of this film course is to better understand the world according to film, its art, its practices, its professions in direct relation to architecture and planning. There is unexpected documentary value in what is created from film-makers’ imagination and style. The word film refers to an art, technological processes, an industry, particular professions (screen-writers, set designers), social uses and practices, dedicated places (specific architecture), and forms of representation. A mostly fictional space, film is also an observatory of social and cultural realities, bearing witness to its time, spaces, and lifestyles.
As backdrop or foreground, the city is the ideal screen setting. Cities are eminently made for film. Lights, sounds, signs, time in cities is shown by film signals and tricks: facades, shops with movie title names, signage, escalators, surveillance cameras, control screens. Cafes, hotels, boulevards, neighbourhoods are all “real” settings of daily life. With the appearance of leisure in the 20th century, the cinematographer sealed his connection to the modern metropolitan city. From historic to virtual city, film offers a veritable catalogue of urban forms. Real or imaginary, ruin or in construction, organic or mineral and abstract, the city in film also serves as architectural inspiration.

The Shape of a city in film (aesthetic and urban dreams)
Metropolis or King Kong and their many enduring spinoffs, from Blade Runner to Brazil, from Rebel of the Infernal Tower to Chris Marker’s The Jetty showcase a strong urban dreamland.

Filming places and ways of living (critique of everyday life)
“Critique of daily life” alludes to consumption society and possibility to contest. This course revolves around three notions: to dream, to build, to inhabit, to criticise based on films by Jacques Tati (Mon Oncle, Playtime) and William Klein (The witness couple.)

The city, context for social drama (film noir approach)
The city in the film noir is more than a setting. The screen is haunted by the expressionist silhouettes of Wiene, Murnau, Lang, and it have had considerable influence in France and U.S. The city by night occupies an essential place in it. The city by night is key in this process.

 

1_Le_Rebelle

2_escalator