025. Utopies quelconques

auteur : Ido Avissar

Au cours des deux dernières années nous avons, Susanne Stacher et moi-même, fait travailler une cinquantaine d’étudiants sur une liste de villes imaginaires. Chaque binôme travaillait sur une ville, dont l’unique point de départ était un trait de caractère principal :

Ville Aéroport, Ville Androgyne, Ville du Bonheur Individuel, Ville Consommatrice, Ville Créative, Ville Désert, Ville Éphémère, Ville Éponge, Ville de l’Excès et de la Démesure, Ville Fantôme, Ville Forêt, Ville Grise, Ville Hypnotique, Ville Labyrinthe, Ville de la Luxure, Ville Machine, Ville Miroir, Ville Musée, Ville Polychrome, Ville des Réalités Parallèles, Ville du Recommencement Perpétuel, Ville Sacrée, Ville Sans Espoir, Ville Sans Fin, Ville Silence, Ville Surréaliste…

Les étudiants disposaient uniquement de cette nomination caractéristique, qui n’évoquait aucun principe d’organisation spatiale préalable. L’exercice se déroulait en trois phases successives :
(1) Mandala, la constitution d’un corpus théorique (2) Recherche d’un site, quelque part dans le monde (3) Projet, l’organisation spatiale d’un programme d’environ un million de mètres carrés

Notre intention était de mettre en place un processus de conception sous forme de caisse de résonance, ou d’amplification : les étudiants créant, à partir d’un point focal abstrait, des machines de design, puissantes, productives et parfois absurdes. Nous avons également cherché à les libérer de l’image de la ville idéale, en mettant en œuvre un processus produisant une utopie à la fois quelconque et précise.

 

For the past two years, Susanne Stacher and I have asked 50 students to work on a list of imaginary cities.
Each pair of students worked on a city, with only a name to go on:

Airport City, Androgynous City, City of Individual Happiness, Consumer City, Creative City, Desert City, Instant City, Sponge City, City of Excess,
Ghost Town, Forest City, Grey City, Hypnotic City, Labyrinth City, City of Lust, Machine City, Mirror
City, Museum City, Polychrome City, City of Parallel Realities, Perpetual Restarting City, Holy City, City
Without Hope, City Without End, City of Silence, Surreal City…

The students had only this characterising name that was of no help in spatial planning. There were three
stages to this project:
1, Mandala, creating a theoretical base
2, Finding a site, anywhere in the world
3, Project, the spatial organisation of a programme of around a million square meters

Our intent was to create a design process that was a sounding board or amplifier: the students, based on an abstract focal point, created powerful, productive and sometimes absurd design machines. We also sought to open their minds to the possibilities of the ideal city, by creating utopias that were both random and precise.

 

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