024. Théoriser l’action ou les conditions pour être un bon architecte

auteur : Paolo Amaldi

Je pense que dans une école d’architecture, la théorie doit aider l’étudiant à s’outiller et à développer chez lui une capacité à la distanciation qui lui permette d’anticiper les problèmes qui surgissent au cours du projet. La théorie est aussi un instrument d’appréciation des conséquences des choix qu’il opère sur l’expérience et l’usage des futurs habitants. Vitruve assimilait un architecte sans bagage théorique à un général d’armée ruse militaire soit introduite par l’auteur latin lorsqu’il discute de la distinction entre l’homme théoricien et l’homme praticien :

« L’architecture est une science qui embrasse une grande variété d’études et de connaissances ; elle connaît et juge de toutes les productions des autres arts. Elle est le fruit de la pratique et de la théorie. La pratique est la conception même continuée et travaillée par l’exercice, qui se réalise par l’acte donnant à la matière destinée à un ouvrage quelconque, la forme que présente un dessin. La théorie, au contraire, consiste à démontrer, à expliquer la justesse, la convenance des proportions des objets travaillés ».

Or, pour Vitruve, ces deux moments considérés séparément, sont lacunaires, ne se sont livrés qu’à la pratique n’ont pu arriver à à ceux qui ont cru avoir assez de raisonnement et de la science littéraire, c’est l’ombre et non la réalité guerrier armé de toutes pièces, sait joindre la théorie à la pratique, atteint son but avec autant de succès que de promptitude ». Pour Vitruve donc le bon architecte est celui qui tirée de Philibert de l’Orme du bon architecte représenté avec trois yeux, quatre oreilles et quatre mains, privilégiant donc ses facultés de perception. Les trois yeux en particulier sont utiles à l’architecte pour lui permettre l’expérience simultanée de trois divers temps : remarquer le temps passé, observer le temps présent, prévoir le futur.

 

I think that theory courses in architecture schools give students the tools to develop an ability to step back, to anticipate the problems that may appear in a project. Theory is also an instrument to help them appreciate the experience, use, and future inhabitants. Vitruvius compared architects without theoretical baggage to army generals without a military strategy. It is telling that this notion of military ruse be introduced by a Latin author speaking of the distinction between theoretician and practitioner:

“Architecture is a science that touches on a wide scope of studies and knowledge; it knows and judges the production of the other arts. It is the fruit of practice and theory. Practise is the design itself, continued and developed by the project, which is materialised through the action of giving the subject matter a form in the shape of a drawing. Theory on the contrary, is about proving, explaining the exactness, the relevance of the proportions of objects.” For Vitruvius these two moments, explained separately, are incomplete without one another: indeed, “architects who forgot theory to concentrate on practice will not gain a science, they are chasing the shadow and not the light. Only he who, like the warrior armed with all his weaponry, knows to combine theory and practice, reaches his goal with as much success as promptitude.”

Therefore to Vitruvius a good architect is one who is able to theorise action, a way of “projecting” of sorts, of anticipating oneself. This idea is also represented in Philibert de l’Orme’s famous illustration of the good architect with three eyes, four ears and four hands, enhancing his faculties of perception. The three eyes in particular are useful to the architect so that he may see three simultaneous moments : note the past, observe the present, foresee the future.

 

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