008. Correspondance urbaine

auteur : Matthias Armengaud

La nuit est un état qui dépasse les capacités habituelles de représentation engagées par les urbanistes ou les artistes : seules les vues d’avion donnent fugitivement l’intuition qu’une autre réalité du monde qui remplace le paysage pendant les heures de la nuit. Comme si la nuit était un patchwork sans auteur, un rabouté de nuits toutes différentes, qui ne sont pas pensables ensemble : une hyper déterritorialisation. Il y a comme deux histoires imbriquées de la nuit métropolitaine : l’une officielle, celle des grandes illuminations, et l’autre secrète, qui se propage par les réseaux d’infrastructures dans l’épaisseur du territoire : deux manières de parler du potentiel magnétique.
Le principe général des « correspondances urbaines » part d’un constat : en plein Paris, chaque station de transport en commun est une centralité. En considérant une distance de 500 mètres autour de ce point, on a accès à tous les attributs et les services de la ville : commerces, loisirs, équipements, services publics et même administration.
Qu’en est il en plaine Saint-Denis ?
Aujourd’hui, la situation urbaine des zones concernées est aussi riche que la ville centre, elle est seulement moins lisible, en pleine mutation, parfois déjà calcifiée. Cette situation a besoin d’être relue selon des termes neufs, dépourvus d’a priori typologique ou historique.
La grille de lecture proposée pour ce studio est celle de la « correspondance urbaine » comme moyen de lecture de la centralité, mais aussi comme levier de planification qui place l’usager et sa pratique au centre du projet de ville : non plus uniquement selon une direction et son « design », un trajet (d’un point A à un point B) ; mais bien comme une zone d’influence forte, où se joue une véritable chorégraphie urbaine, entre flux et modes divers, temporalités de but et d’errances (jour/nuit).
Le projet attendu est celui d’un flipper à l’échelle urbaine : dans une zone d’accessibilité (5 min à pied), un jeu d’aller-retour opportuniste se met en place entre objets de la mobilité (stations de métro, bus, vélib’, autolib ») et réseau existant, renvoyant les usagers les uns vers les autres. Quels sont les programmes manquants ? Le but n’est pas de rajouter des signes dans des espaces déjà saturés, mais d’utiliser l’existant et les nouvelles opportunités comme vecteurs d’informations et de services, à la recherche de bumpers, d’oasis urbaines.

 

At night the regular representations of planners and artists are of no use: only aerial views from a plane give the fleeting impression of another reality replacing the landscape at night. As if the night
were a patchwork without an author, a mass of different nights that were not thought out together:
hyper de-territorialisation. There are two stories overlaid in the metropolitan night: an official one,
of great brightness, and a secret one that spreads through infrastructure networks to the inside of the
territory: two ways of approaching the magnetic potential.
The guiding principle of “urban correspondence” is based on fact: in Paris, every station for public  transport is a core. Within a 500 m radius of these we find all of the city’s attributes and services:
retail, leisure, local facilities, public services and even administration.
What of the Plaine Saint-Denis?
The area’s current urban situations are as rich as the city centre, only less visible, changing, sometimes
already calcified. This situation needs to be redefined on new terms, without preconceptions of history or type.
This project design uses “urban correspondence” to read a centrality, as well as planning tools to place the user and his practice at the heart of the city project: not only according to a direction and design, a journey (from A to B); but also as an influential zone where urban choreography is played out, between function and transport, destination and travel (day/night).
The project is a pinball machine on an urban scale: in an accessible area (within a 5 minute walk), there is an opportunistic to and fro between means of transport (metro stations, bus, velib’ autolib’) and existing networks, sending the users back towards one another. What programmes are missing? The aim is not to add signs to already saturated space but to use the existing and new opportunities as vectors of information and services, in search of bumpers, urban oases.

hgg