004. Atlas de la Métropolisation en cours d’Istanbul

auteur : Djamel Klouche

Récemment, l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles a établi un échange
universitaire avec deux écoles d’architecture à Istanbul ; la BILGI et la TU. La première expérience menée à Istanbul, à l’automne 2013, encadrée par Cédric Libert, Florian Hertwerk, moi même et l’aide précieuse de Can Onaner, a été surtout exploratoire ; elle cherchait avant tout à comprendre les enjeux culturels de la métropolisation en cours, très débattue par les stambouliotes depuis les événements de la Place Taksim. Istanbul est une métropole en mutation et en développement rapide depuis plus de 10 ans. Les récents événements sur la Place Taksim montrent que le développement rapide et la métropolisation accélérée ouvre des questions architecturales, urbaines et métropolitaines, telle que la place de l’espace public au sens noble du terme dans la métropolisation d’une ville comme Istanbul. Nous avons développé un projet qui vise à constituer un « Atlas de la métropolisation en cours d’Istanbul ». La métropolisation est un phénomène actif, producteur d’atmosphères, de positions spatiales, de situations, d’une multitude de climats qui s’assemblent pour former le climat singulier de chaque territoire. Nous avons cherché à travers la lecture de phénomènes précis et ce, à deux échelles, à construire une représentation singulière des processus de métropolisation d’Istanbul. Cette représentation qu’est l’Atlas mêle des aspects historiques (les architectures extraordinaires de Mimar Sinan qui montrent déjà comment l’architecture ottomane concevait déjà des programmes mixtes et complexes dans un cadre architectural extrêmement limpide) comme des aspects plus contemporains et plus actuels (les architectures génériques actuelles qui confèrent à Istanbul une identification spatiale nouvelle : le logement en masse et les complexes commerciaux, etc). L’Atlas a consisté à faire émerger des lectures singulières de phénomènes présents en mettant en relief les paradoxes et contradictions de cette dynamique en cours, comme il a consisté à produire des spéculations sous forme de projets s’incarnant toujours à ces deux échelles. In fine, l’« ATLAS » a été conçu, même si ce travail reste incomplet et à poursuivre, comme un gigantesque condensateur des courants et des énergies qui ont animé cette ville millénaire et ceux qui l’animent encore aujourd’hui de telle sorte à construire des possibilités de projets métropolitains prospectifs.

 

ENSAV recently established a university exchange with two schools in Istanbul: BILGI and TU.
The first experience in Istanbul in 2013 with Cédric Libert, Florian Hertwerk and myself, with the invaluable help of Can Onaner, was mainly exploratory: we wanted to understand the cultural challenges of the city’s current development, a subject of debate amongst inhabitants since the Taksim Square events.
Istanbul is a changing city that has developed rapidly over the past 10 years. The recent events at Taksim Square show that this accelerated development raises architectural, urban and metropolitan questions, like the status of public space in this rapidly evolving metropolis. In the context of this exchange we wanted to develop a project to create what we called an “Atlas of Istanbul’s current metropolisation”. An “Atlas” to read the climate of the city. Metropolisation is an active phenomenon, which produces atmospheres, positions in space, situations, of a multitude of environments that assemble to create the particular climate of a given territory. We sought to create a singular representation of the many ways in which the city is developing. This Atlas representation uses historic aspects  (Mimar Sinan’s extraordinary architecture which shows how ottoman architecture already imagined mixed and complex programmes in an extremely clear architectural context) as well as more contemporary and current ones (current generic architecture that gives Istanbul a new spatial identity: mass housing and shopping centres for example.)
The Atlas was designed to show the different paradoxes and contradictions in the city’s current dynamics, and provide speculative concepts on both an urban, architectural and domestic scale.
The Atlas, incomplete and to be continued, is a summary of all the currents and energies that animate this ancient city and which still animate it today, in order to design prospective metropolitan projects.

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