003. Architecture commerciale

auteur : Denyse Rodriguez Tomé

Yves Lyon comparait, à propos du Grand Paris, la fréquentation du musée Pompidou avec celle du centre commercial des Halles : elle est dix fois plus importante. C’est bien là que se passe la vie, ce sont ces espaces qui brassent les populations.
L’architecture commerciale se doit d’être attractive, séduisante, elle est publicité de la marque. Le décor est dès lors fonctionnel. Pour Rem Koolhaas le shopping serait la principale activité humaine dans notre société, c’est en ce sens qu’elle se doit d’être réinventée : le style est une affaire d’espace.
Au départ, ce sont les femmes qui sont ciblées par ces programmes : comme le souligne Zola dans Au Bonheur des Dames pour les premiers grands magasins, comme le déclare Gruen quand il évoque Our Little Mrs Shopper… des architectures entre émancipation et aliénation de la femme, et bientôt, des teenagers, mineurs dont le seul pouvoir est le pouvoir d’achat.
Ce qui en fait un thème de recherche des plus pertinents pour les étudiants, c’est aussi que, peu publié, très peu défriché, il les conduit à produire des sources de première main, entretien avec les architectes et autres acteurs, recherche de permis de construire, observation des usages de l’espace, etc.
La diversité des sujets choisis atteste des nombreuses problématiques convoquées, géographie sociale urbaine, pratique de la réhabilitation reconversion, d’extension des agglomérations et des zones périurbaines, polyvalence des espaces, relations architecture et infrastructures, quand l’architecture commerciale devient elle-même infrastructure, avec les gares notamment.
L’architecture de la société de consommation couvre une multiplicité des territoires : du centre-ville shopping district où s’exposent dans les capitales les boutiques de luxe signées par de grands architectes, aux zones périurbaines au prix du foncier le moins élevé, où se sont installés les malls ou les hypermarchés à leurs naissances, où apparaissent maintenant les Zones Commerciales, jusqu’aux réseaux autoroutiers. En même temps l’espace public continue d’accueillir non sans conflit la permanence d’économies parallèles, commerces ambulants, marchés aux puces…

 

For the Grand Paris, Yves Lyon compared the number of people visiting the Pompidou Museum and
the Halles shopping centre; the latter receives ten times more visitors. This is where life happens, these
are activated spaces.
Commercial architecture must be attractive and seductive: it is a brand’s advertising. The décor is
purely functional. Rem Koolhaas believes that shopping is society’s main human activity and must
thus be reinvented: fashion is a question of space.
In the beginning the programmes targeted women; with the first department stores as noted by Zola in Au Bonheur des Dames, and as Gruen declared in Our Little Mrs Shopper… This is architecture of both the emancipation and alienation of women, and soon teenagers whose only power is that of purchasing.
This subject is relevant for students as it is barely analysed and published. It pushes them to find sources first hand, to meet architects and other players, to dig up building permits and observe the uses of the space, etc. The diversity of subjects that they chose to develop on proves the many issues related to shopping centres: urban social geography, reconversion and restoration, extension of cities and fringe areas, versatility of space, the relationship between architecture and infrastructure when commercial architecture becomes infrastructure, such as in train stations.
The architecture of consumers covers a variety of territories: central shopping districts where luxury
boutiques designed by great architects show off in the capitals, fringe areas with lower property value where malls and hypermarkets are now giving way to Retail Zones, even rest stops along motorways.
At the same time, public space continues to be used by clashing parallel economies, street vendors,  flea markets…

Mendelsohn,_p._39

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